Les probabilités et le dénombrement sont devenus incontournables aux concours. Ils interviennent dans des problèmes autonomes mais aussi en combinaison avec l'algèbre (matrices stochastiques) ou l'analyse (fonctions génératrices, séries). Ce cours couvre le programme de CPGE en profondeur.
Dénombrement : les principes fondamentaux
Principe additif et multiplicatif
Principe additif : si A et B sont disjoints, ∣A∪B∣=∣A∣+∣B∣
Principe multiplicatif : si un choix se décompose en k étapes indépendantes avec n1,n2,…,nk possibilités, le nombre total est n1×n2×⋯×nk
Arrangements et combinaisons
Le nombre d'arrangements de p éléments parmi n (ordre compte, sans répétition) :
La probabilité conditionnelle de A sachant B (avec P(B)>0) :
P(A∣B)=P(B)P(A∩B)
Formule des probabilités totales : si (B1,…,Bn) est un système complet d'événements :
P(A)=i=1∑nP(A∣Bi)P(Bi)
Formule de Bayes :
P(Bj∣A)=∑i=1nP(A∣Bi)P(Bi)P(A∣Bj)P(Bj)
Exemple classique. Un test de dépistage a une sensibilité de 95% (P(+∣M)=0.95) et une spécificité de 90% (P(−∣M)=0.90). Si la prévalence est 1% (P(M)=0.01), alors :
Deux événements A et B sont indépendants si P(A∩B)=P(A)⋅P(B).
Attention : indépendance = incompatibilité ! Si A et B sont incompatibles et de probabilité non nulle, ils ne sont jamais indépendants (car P(A∩B)=0=P(A)P(B)).
Pour une famille (Ai)i∈I, l'indépendance mutuelle requiert : pour toute partie finie J⊂I,
Pj∈J⋂Aj=j∈J∏P(Aj)
L'indépendance deux à deux ne suffit pas pour l'indépendance mutuelle.
Variables aléatoires discrètes
Une variable aléatoire (v.a.) X sur (Ω,P) est une application X:Ω→E. Sa loi est la probabilité image PX({x})=P(X=x).
Espérance, variance
L'espérance : E[X]=∑x∈X(Ω)x⋅P(X=x)
La variance : Var(X)=E[(X−E[X])2]=E[X2]−(E[X])2
Linéarité : E[aX+bY]=aE[X]+bE[Y] (toujours, même sans indépendance).
Si X et Y sont indépendantes : Var(X+Y)=Var(X)+Var(Y).
Propriété de la loi géométrique (absence de mémoire) : P(X>m+n∣X>m)=P(X>n).
Fonctions génératrices
La fonction génératrice de X à valeurs dans N est :
GX(s)=E[sX]=k=0∑+∞P(X=k)sk
Elle caractérise la loi et simplifie les calculs : E[X]=GX′(1), Var(X)=GX′′(1)+GX′(1)−(GX′(1))2.
Si X et Y sont indépendantes : GX+Y=GX⋅GY.
Exemple : si X∼P(λ), GX(s)=eλ(s−1). Donc X+Y∼P(λ+μ) si Y∼P(μ) indépendante.
Inégalités fondamentales
Markov : P(X≥a)≤aE[X] pour X≥0 et a>0
Bienaymé-Tchebychev : P(∣X−E[X]∣≥a)≤a2Var(X)
Ces inégalités conduisent à la loi faible des grands nombres : si X1,…,Xn sont i.i.d. d'espérance μ et de variance σ2, alors Xn=n1∑Xi vérifie :
P(∣Xn−μ∣≥ε)≤nε2σ2n→∞0
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