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Géométrie8 min de lecture28 février 2026

Géométrie affine et euclidienne en prépa

géométrieaffineeuclidienne
La géométrie affine et euclidienne formalise les intuitions géométriques dans le cadre de l'algèbre linéaire. En CPGE, ces notions interviennent dans les problèmes de géométrie pure mais aussi en algèbre (isométries, formes quadratiques) et en analyse (courbes).

Espaces affines

Définition

Un espace affine E\mathcal{E} de direction EE (espace vectoriel sur K\mathbb{K}) est un ensemble muni d'une action simplement transitive de (E,+)(E, +) : pour tous points A,BEA, B \in \mathcal{E}, il existe un unique vecteur ABE\vec{AB} \in E tel que B=A+ABB = A + \vec{AB}.

Les axiomes sont :

  • AA=0\vec{AA} = \vec{0} pour tout AA
  • Relation de Chasles : AB+BC=AC\vec{AB} + \vec{BC} = \vec{AC}
  • Pour tout AEA \in \mathcal{E} et tout uE\vec{u} \in E, il existe un unique BB tel que AB=u\vec{AB} = \vec{u}
  • L'espace Rn\mathbb{R}^n est naturellement un espace affine de direction Rn\mathbb{R}^n.

    Sous-espaces affines

    Un sous-espace affine de E\mathcal{E} est un ensemble de la forme :

    F=A+F={A+uuF}\mathcal{F} = A + F = \{A + \vec{u} \mid \vec{u} \in F\}

    AEA \in \mathcal{E} et FF est un sous-espace vectoriel de EE (la direction de F\mathcal{F}).

    La dimension de F\mathcal{F} est celle de FF. Les sous-espaces affines de dimension 0, 1, 2 sont respectivement des points, des droites et des plans.

    Deux sous-espaces affines sont parallèles si la direction de l'un est incluse dans celle de l'autre.

    Barycentres

    Le barycentre de points pondérés (A1,λ1),,(An,λn)(A_1, \lambda_1), \ldots, (A_n, \lambda_n) avec λi0\sum \lambda_i \neq 0 est l'unique point GG tel que :

    i=1nλiGAi=0\sum_{i=1}^n \lambda_i \vec{GA_i} = \vec{0}

    soit encore, dans un repère d'origine OO :

    OG=λiOAiλi\vec{OG} = \frac{\sum \lambda_i \vec{OA_i}}{\sum \lambda_i}

    Propriété d'associativité : on peut regrouper les points en sous-systèmes et prendre le barycentre par étapes, ce qui est très utile en pratique.

    Exemple. Le centre de gravité d'un triangle ABCABC est G=bar{(A,1),(B,1),(C,1)}G = \text{bar}\{(A, 1), (B, 1), (C, 1)\}, vérifiant OG=OA+OB+OC3\vec{OG} = \frac{\vec{OA} + \vec{OB} + \vec{OC}}{3}.

    Applications affines

    Une application f:E1E2f : \mathcal{E}_1 \to \mathcal{E}_2 est affine s'il existe une application linéaire f:E1E2\vec{f} : E_1 \to E_2 (la partie linéaire) telle que :

    A,BE1,f(A)f(B)=f(AB)\forall A, B \in \mathcal{E}_1, \quad \overrightarrow{f(A)f(B)} = \vec{f}(\vec{AB})

    En coordonnées, si ff a pour partie linéaire la matrice AA et si f(O)=Bf(O) = B, alors f(M)=AM+Bf(M) = AM + B : c'est une application affine au sens classique.

    Propriétés :

    • La composée d'applications affines est affine
    • ff est bijective si et seulement si f\vec{f} est bijective
    • ff conserve les barycentres : f(bar(Ai,λi))=bar(f(Ai),λi)f(\text{bar}(A_i, \lambda_i)) = \text{bar}(f(A_i), \lambda_i)
    • ff envoie droites sur droites (ou points) et parallèles sur parallèles

    Translations et homothéties

    • Translation de vecteur u\vec{u} : tu(M)=M+ut_{\vec{u}}(M) = M + \vec{u}, partie linéaire =Id= \text{Id}
    • Homothétie de centre Ω\Omega et rapport k0k \neq 0 : hΩ,k(M)h_{\Omega,k}(M) défini par Ωh(M)=kΩM\overrightarrow{\Omega h(M)} = k \overrightarrow{\Omega M}

    Structure euclidienne

    Un espace euclidien est un espace affine réel de dimension finie dont l'espace de direction est muni d'un produit scalaire ,\langle \cdot, \cdot \rangle.

    Ce produit scalaire définit :

    • La norme : u=u,u\|\vec{u}\| = \sqrt{\langle \vec{u}, \vec{u} \rangle}
    • La distance : d(A,B)=ABd(A, B) = \|\vec{AB}\|
    • L'angle entre deux vecteurs non nuls : cosθ=u,vuv\cos \theta = \frac{\langle \vec{u}, \vec{v} \rangle}{\|\vec{u}\| \cdot \|\vec{v}\|}

    Repères orthonormés

    Un repère orthonormé (O,e1,,en)(O, e_1, \ldots, e_n) est un repère affine dont la base vectorielle est orthonormée : ei,ej=δij\langle e_i, e_j \rangle = \delta_{ij}.

    Dans un tel repère, d(A,B)=(aibi)2d(A,B) = \sqrt{\sum (a_i - b_i)^2} et u,v=uivi\langle \vec{u}, \vec{v} \rangle = \sum u_i v_i.

    Isométries

    Définition

    Une isométrie de l'espace euclidien E\mathcal{E} est une application affine ff telle que :

    d(f(A),f(B))=d(A,B)A,Bd(f(A), f(B)) = d(A, B) \quad \forall A, B

    De manière équivalente, la partie linéaire f\vec{f} est une isométrie vectorielle (elle préserve le produit scalaire) : fO(E)\vec{f} \in O(E) (groupe orthogonal).

    Classification en dimension 2

    En dimension 2, les isométries directes (detf=1\det \vec{f} = 1) sont :

    • Les translations
    • Les rotations de centre Ω\Omega et d'angle θ\theta : dans une base orthonormée, la matrice est Rθ=(cosθsinθsinθcosθ)R_\theta = \begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta \\ \sin\theta & \cos\theta \end{pmatrix}

    Les isométries indirectes (detf=1\det \vec{f} = -1) sont :

    • Les réflexions (symétries orthogonales par rapport à une droite)
    • Les symétries glissées (réflexion composée avec une translation parallèle à l'axe)

    Classification en dimension 3

    Les isométries directes de R3\mathbb{R}^3 sont les rotations (autour d'un axe) et les vissages (rotation + translation le long de l'axe). Les isométries indirectes incluent les réflexions, les antirotations, etc.

    Coniques

    Les coniques sont les courbes du plan définies par une équation du second degré :

    ax2+2bxy+cy2+dx+ey+f=0ax^2 + 2bxy + cy^2 + dx + ey + f = 0

    La nature de la conique dépend du discriminant Δ=b2ac\Delta = b^2 - ac :

    • Δ<0\Delta < 0 : ellipse (ou cercle si a=ca = c et b=0b = 0)
    • Δ=0\Delta = 0 : parabole
    • Δ>0\Delta > 0 : hyperbole

    En coordonnées réduites :

    • Ellipse : x2a2+y2b2=1\frac{x^2}{a^2} + \frac{y^2}{b^2} = 1
    • Hyperbole : x2a2y2b2=1\frac{x^2}{a^2} - \frac{y^2}{b^2} = 1
    • Parabole : y2=2pxy^2 = 2px

    L'excentricité ee unifie la description : une conique de foyer FF, directrice D\mathcal{D} et excentricité ee est l'ensemble des points MM tels que MFd(M,D)=e\frac{MF}{d(M, \mathcal{D})} = e, avec e<1e < 1 (ellipse), e=1e = 1 (parabole), e>1e > 1 (hyperbole).

    La réduction des coniques utilise la diagonalisation de la matrice (abbc)\begin{pmatrix} a & b \\ b & c \end{pmatrix} pour trouver les axes et la nature.


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